Questions Fréquentes

L’aide auditive en Suisse et les assurances sociales (AI et AVS)

En 1900, l’Office intercantonal de contrôle des médicaments (OICM) est fondé. Cet office devient responsable et accorde les autorisations de mise sur le marché de nouveaux médicaments, mais aussi de certains autres moyens thérapeutiques comme les aides auditives. En 1948 l’Assurance Vieillesse et Survivant (AVS) est introduite en Suisse. En 1953, la Société Suisse des médecins spécialistes en ORL (SSORL) crée une commission pour l’étude des appareils auditifs. Dès lors le sujet est régulièrement discuté. En 1956, « L’adaptation d’un appareil acoustique à un sourd ne peut plus se concevoir sans qu’il ne soit donné des conseils judicieux et procédé à un examen clinique et audiométrique du patient. Déjà lors du premier examen et du choix provisoire d’un appareil, la notion du diagnostic joue un rôle. L’audiométrie vocale est de toute nécessité pour contrôler le profit que retire un sourd du port d’un appareil acoustique. Une fois l’adaptation de l’appareil et l’examen de contrôle faits, chaque sourd devrait avoir la possibilité de suivre un traitement pédagogique. »

En 1959, onze ans après l’AVS, la loi fédérale sur l’Assurance Invalidité (AI) est promulguée. L’invalidité est définie comme « la diminution de la capacité de gain, présumé permanent ou de longue durée, qui résulte d’une atteinte à la santé physique ou mentale provenant d’une infirmité congénitale ou d’un accident. » L’octroi de « moyens auxiliaires » fait partie des prestations en vue « de la réadaptation à la vie professionnelle ». Ceux-ci doivent être « d’un modèle simple et adéquat. L’assuré prenait en charge les frais supplémentaires d’un autre modèle. » La loi d’application est introduite en 1960. « Ont droit à la remise d’un appareil acoustique les assurés, qui, vu leur surdité, en ont besoin pour exercer une activité lucrative ou pour accomplir leurs travaux habituels (par ex. travaux ménagers). Les appareils acoustiques sont remis en outre aux assurés qui doivent posséder un appareil personnel pour fréquenter l’école ou apprendre un métier. Ils peuvent aussi être remis aux enfants en âge préscolaire, quand ils sont nécessaires pour conserver et stimuler le résidu auditif de ces enfants, pour les éduquer ou pour leur permettre la fréquentation future de l’école. En revanche, les dispositions légales en vigueur ne permettent pas de remettre des appareils acoustiques servant seulement à faciliter le contact de l’assuré avec la société. » L’AI décide, dans chaque cas, si un appareil acoustique est remis à la charge de l’AI. Avant de rendre un prononcé définitif, l’AI ordonne les examens nécessaires, dont un rapport, dit expertise pré-appareillage, par un spécialiste ORL devant notamment se prononcer sur le genre et les effets du trouble de l’audition et la nécessité de porter un appareil acoustique. Si la remise d’un appareil acoustique entre en principe en considération, l’AI informe l’assuré et lui remet, à l’intention du fournisseur, respectivement du centre d’expertise, les données qui sont importantes pour la remise de l’appareil acoustique. « Pour autant que la commission AI ne décide pas dans le cas particulier que le centre compétent doit faire une expertise avant l’adaptation de l’appareil, l’assuré, peut, à son choix, aller directement chez un fournisseur d’appareils acoustiques reconnu ou demander d’abord que le centre d’expertise désigné par la commission AI procède à un examen. » L’adaptation de l’appareil acoustique doit être contrôlée par le centre d’expertise avant que cet appareil puisse être remis aux frais de l’AI. Cette procédure est introduite dans la nouvelle loi d’application de l’AI en 1964. « La remise d’appareils acoustiques doit être contrôlée par un médecin. L’Office Fédéral des Assurances Sociales établit la liste des experts qui sont à disposition de l’ AI pour de telles expertises. La commission AI compétente désigne, dans chaque cas, l’expert figurant sur cette liste. » Cette loi précise que « jusqu’à nouvel avis, la Commission AI doit ordonner l’expertise dans chaque cas, aussi bien avant qu’après l’adaptation de l’appareil acoustique […] Lors de l’expertise précédant l’adaptation d’un appareil acoustique, l’expert doit apprécier les circonstances qui déterminent le droit à une prestation (genre et importance du trouble auditif, possibilité d’utilisation d’un appareil en fonction du but à atteindre, type probable) et indiquer de quelles particularités le fournisseur doit tenir compte pour adapter et essayer l’appareil (exigence qualitative, gain minimum d’audition) […] Après l’adaptation, l’expert doit contrôler si l’appareil choisi est adéquat et ordonner les corrections encore nécessaires. Il doit dire également si d’autres mesures sont nécessaires (par exemple entraînement à l’audition, enseignement de lecture labiale) et indiquer quels organes entrent en considération pour les appliquer. »

En 1968, l’AI introduit, avec la SSORL, des recommandations pour l’élaboration des bilans avant l’adaptation d’une aide auditive. Il devient de plus en plus évident qu’une étroite collaboration entre les médecins ORL et les audioprothésistes est nécessaire: « Les ORL sont maintenant parfaitement au fait des progrès accomplis par la chirurgie fonctionnelle de l’oreille pour tout ce qui concerne les atteintes de l’oreille moyenne […] Ils connaissent aussi les déceptions du traitement des atteintes de l’oreille interne et leur impuissance à les guérir et même souvent à les stabiliser. Il reste les ressources de l’appareillage prothétique que l’on désigne plus communément aujourd’hui sous le vocable lénifiant d’aide auditive. Mais il nous a semblé qu’ils connaissaient mal les progrès technologiques récents accomplis dans ce domaine et l’appui qu’ils peuvent trouver auprès de cette profession récemment organisée d’audioprothésiste qui a transformé en auxiliaires médicaux les commerçants d’autrefois dont des exemples fâcheux leur avaient appris parfois à se méfier. La collaboration entre l’ORL et l’audioprothésiste permet d’exploiter au mieux dans l’intérêt des sourds les découvertes des fabricants des appareils de prothèse. » Les recommandations pour les médecins experts ORL vont évoluer au fil des avancées technologiques et le principe d’un bilan médical avant et après l’adaptation d’une aide auditive est ancré dans les recommandations.

En 1986, à la demande de l’Office Fédéral des Affaires Sociales (OFAS), la SSORL présente pour la première fois des recommandations plus précises et chiffrées concernant les expertises pour l’octroi de prothèses auditives par l’AI. « Pour l’indication audiologique, c’est l’acuité auditive par voie aérienne de la meilleure oreille qui est déterminante. Il n’y a pas de limite précise applicable. La libre appréciation du médecin expert n’est donc limitée que par les exigences de l’AI, c’est-à-dire que le patient doit absolument avoir besoin d’une prothèse acoustique dans l’exercice de sa profession ou lors d’autres activités à charge (par exemple la conduite du ménage), pour la scolarité ou la formation professionnelle […] En principe les règles pour les patients en âge AVS sont les mêmes que pour les patients jeunes. L’AVS cependant n’accorde une contribution au coût de l’appareillage que lorsqu’une surdité « grave » est présente, c’est-à-dire lorsque l’atteinte à l’intégrité selon la CNA atteint 25% […] Des exceptions à cette règle de base doivent être argumentées. La participation aux frais est indépendante du type d’appareillage (monaural ou binaural) et de son coût global. » Une année plus tard, l’OFAS modifie les conditions d’octroi d’une aide auditive en redéfinissant « la surdité grave » de manière plus restrictive: « dans le sens de la loi des ordonnances, une surdité est reconnue « grave » lorsque la capacité de communication avec l’entourage est entravée. Cette limite est atteinte – lorsque la perte auditive de l’oreille la plus valide atteint 50 dB ou plus dans 4 sur les 5 fréquences suivantes: 500, 1000, 2000, 4000, et 8000 Hz ou – lorsque la perte auditive atteint 50% ou plus du côté de l’oreille la plus valide. Si la perte auditive de l’oreille la plus atteinte est de 80% ou plus, il suffit que la perte auditive atteigne 40% dans l’oreille la plus valide. En cas de surdité (cophose) unilatérale, il suffit que l’oreille valide subisse une perte de 35%. » Les assurés AI ont « droit à une prothèse acoustique en cas de surdité « grave » s’ils peuvent obtenir ainsi une amélioration sensible de leur capacité auditive (en particulier de la compréhension verbale). Lors d’une surdité « grave », le droit à l’appareillage sera tout de même acquis lorsque la scolarité, la formation ou l’activité professionnelle sont susceptibles d’être facilitées par un appareillage en tenant compte des besoins résultant du déplacement entre le domicile et le lieu de travail. Les prestations de l’AI consistent en une prise en charge des frais d’une adaptation prothétique simple et efficace. L’AVS offre une subvention pour une prothèse acoustique pour autant que la surdité soit reconnue comme « grave » et que la prothèse améliore la capacité de communication avec l’entourage de façon notable. Si l’assuré était déjà au bénéfice d’une prestation AI, celle-ci est maintenue en sa totalité en âge AVS. »

En 2001, l’OFAS approuve de nouvelles recommandations aux médecins experts AI pour la prescription et le contrôle des aides auditives. « Au vu de l’explosion des coûts de l’appareillage acoustique, une révision complète des recommandations s’est imposée et une classification des prothèses auditives en trois catégories [adaptation simple – complexe – très complexe], auxquelles se rapporte une prestation spécifique de l’assurance sociale, a été introduite en 1999. Pour cela, un nouveau modèle d’expertise a été développé, basé sur une évaluation médicoaudiologique du handicap auditif et un système de score par points […] Elles sont le résultat d’un compromis entre les praticiens ORL et les représentants des cliniques universitaires, l’Association des Audioprothésistes et l’Office fédéral des assurances sociales. Elles aspirent à permettre une activité d’expert en audioprothèses moderne, efficace et économique. Le but de ces recommandations est de faciliter le travail du médecin expert; elles n’ont pas la prétention d’inventorier tous les variantes et cas particuliers possibles. Il est bien clair que le médecin expert continue de jouir d’une certaine liberté, tout en étant conscient qu’il établit une expertise sous mandat de l’OFAS. » Lors de l’expertise pré-appareillage, le niveau d’indication de la catégorie est « déterminé par la somme des points calculés sur la base des critères suivant »: critères audiométriques (audiométrie tonale, audiométrie vocale et épreuves supraliminaires) – handicap socioémotionnel – et critères professionnels seulement pour les personnes salariées. Ces deux derniers groupes de critères sont basés sur un questionnaire évalué par une échelle de points en fonction de l’importance de la plainte. Le classement dans une des trois catégories dépend de nombre final de points obtenus. Ces critères sont pondérés par l’activité professionnelle de l’assuré, donnant lieu à trois groupes particuliers de calcul: âge AI salarié – âge AI non salarié – et âge AVS. Trois facteurs aggravants supplémentaires peuvent faire changer de catégorie: handicap physique ou mental rendant les manipulations de l’appareil difficile voir impossible – handicap visuel majeur – et formation scolaire en cours. L’expertise finale (après-appareillage) est basée sur un questionnaire évaluant 20 critères répartis en critères audiométriques – critères subjectifs – critères techniques – et appréciation du service de l’audioprothésiste. Un certain nombre de points sont nécessaires pour accepter définitivement l’adaptation prothétique.

En 2011, et à nouveau suite à l’augmentation non maîtrisée des coûts, une nouvelle ordonnance concernant la remise de moyens auxiliaires par l’AI (OMAI) est introduite. Elle est basée sur un système forfaitaire de remboursement et l’expertise après-appareillage est supprimée, contre l’avis de la SSORL. En substance, « lorsqu’un tel appareil [appareil auditif en cas de déficience de l’ouïe] améliore notablement la capacité auditive et les possibilités de communication de l’assuré avec son entourage. L’assuré a droit à un remboursement forfaitaire, qui peut être demandé tous les six ans au maximum, à moins qu’une modification notable de l’acuité auditive exige le remplacement des appareils avant l’expiration de ce délai. Les appareils auditifs doivent être remis par une personne qualifiée. Le forfait est de 840 francs pour un appareillage monaural et de 1’650 francs pour un appareillage binaural, hors frais de réparation et de piles […] L’Office fédéral des assurances sociales définit les cas [de rigueur, c’est-à-dire les cas où l’assuré n’est pas satisfait de l’adaptation de l’appareillage] dans lesquels des forfaits supérieurs aux montants prévus peuvent être versés pour un appareillage monaural ou binaural. » Les assurances éditent aussi un nouveau mémento pour la remise d’appareils auditifs par l’AI . « La contribution est versée directement à la personne assurée sous forme de forfait calculé de manière à couvrir le prix d’un appareil simple et adéquat […] L’appareil auditif peut être acquis auprès de tout fournisseur qualifié (audioprothésiste, pharmacien, droguiste, etc.) […] Le type d’appareil auditif peut être acquis librement, en Suisse ou à l’étranger, pour autant qu’il figure sur la liste établie par l’Office Fédéral des Assurances Sociales […] Pour pouvoir bénéficier de la contribution forfaitaire, la personne assurée remplira le formulaire de facturation remis par l’office AI. Elle le retournera à l’office accompagné d’une copie de la facture du fournisseur, qui doit inclure tous les éléments mentionnés au verso du formulaire de facturation. » Un mémento identique est publié pour les personnes en âge AVS . Le montant forfaitaire est de 630 francs (le 75% du forfait AI) et ne concerne qu’un seul appareil. Cette nouvelle ordonnance implique des modifications des directives à l’intention des médecins experts ORL pour l’examen de la prise en charge d’appareils auditifs par les assurances sociales, valables aussi dès 2011 . « L’AI peut contribuer pour un montant forfaitaire à la remise d’appareils auditifs lorsque la perte auditive binaurale totale est d’au moins 20%. L’AVS peut contribuer par un montant forfaitaire à la remise d’appareils auditifs lorsque la perte auditive binaurale totale est d’au moins 35%. La perte auditive binaurale totale est calculée à partir des audiogrammes tonal et vocal. » Le renouvellement anticipé d’un appareil auditif peut être demandé à l’assurance sociale lorsque la perte auditive totale a augmenté de plus de 20%. « Le droit à la prise en charge dans les cas posant certains problèmes d’adaptation, dits de rigueur, est évalué au moyen d’une expertise audiologique effectuée dans une clinique comportant un département d’audiologie. » Dans ce cas, l’assuré doit remplir un « journal » rendant compte de l’utilisation de l’appareil pendant vingt jours de travail. Ce journal est ensuite envoyé à l’office AI accompagné d’une motivation écrite de la demande et d’un rapport du fournisseur d’appareils auditifs concernant les problèmes rencontrés lors de l’adaptation. Le renouvellement de l’aide auditive après le délai légal peut se faire sans nouvel examen médical. En 2015, un assouplissement des recommandations est introduit, notamment pour les cas de pente de ski audiométrique, pour les cas d’atteinte bilatérale fortement asymétrique et pour les surdités supérieures à 90%. Le renouvellement anticipé peut se faire dès que la perte de l’audition s’est péjorée de plus de 15%.

Le développement et l’adaptation des aides auditives en Suisse sont fortement marqués par les Assurances Sociales. Au cours du temps, l’objectif principal est passé de l’amélioration de la technologie à disposition à l’économie de santé et aux restrictions qui en découlent.

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Après une période plus ou moins longue de perte auditive non corrigée, le port d’un équipement de correction auditive nécessite une phase d’adaptation dont la durée dépend de l’ancienneté et de l’importance de la perte. Votre audioprothésiste va régler vos appareils progressivement afin d’éviter un inconfort initial trop important. Cette phase de réadaptation peut durer de quelques jours à quelques semaines.

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Il importe de porter son appareillage tous les jours, toute la journée. Il est conseillé de mettre en place ses appareils le matin après sa toilette, dès que l’on est prêt pour sa journée. Les oreilles doivent être sèches et autant que possible, propres. Il convient de retirer son équipement le soir, au moment de se coucher. En effet, une stimulation auditive régulière est nécessaire pour que le cerveau se réhabitue à entendre et à traiter correctement les informations sonores. La perte auditive s’étant installée progressivement, souvent depuis plusieurs années, le port d’un appareillage auditif représente un changement important, avec une augmentation de la quantité d’informations auditives transmises. Les premiers jours d’adaptation peuvent donc être parfois ressentis comme assez bruyants. Le port continu des appareils auditifs (sauf la nuit) va ainsi participer à une acclimatation rapide à ces nouvelles stimulations sonores. Contrairement à nos yeux que nous pouvons fermer, nos oreilles sont constamment ouvertes : le port toute la journée des appareils auditifs va donc contribuer à recréer cette stimulation constante à laquelle notre système auditif est habitué.

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La déficience auditive entraîne une diminution et une modification de la perception de sa propre voix. Il est difficile de s’en rendre compte, car cette perte s’est généralement installée progressivement. Les appareils auditifs corrigeant la perte de l’ouïe, corrigent également la propre voix de l’utilisateur, la rétablissant à un niveau de perception davantage conforme à la réalité. Il est alors courant de ressentir une légère résonance ou une voix sensiblement métallique. Ce phénomène disparaît progressivement en quelques jours, si l’équipement est porté quotidiennement, plus de 8h par jour.

Il existe, plus rarement, des cas de réaction allergique au contact de la matière utilisée : des solutions anallergiques sont alors proposées, comme des revêtements anallergique, l’utilisation du titane ou un plaquage en or.

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Il est fréquent de ressentir de légers picotements, provoquant une envie irrépressible de se gratter les oreilles. Ceci est dû au contact inhabituel du matériau prothétique inséré dans le conduit auditif. Cette démangeaison disparaît couramment après quelques jours d’utilisation. Si le phénomène est trop pénible, il est possible d’appliquer sur le matériel une crème spéciale ou une huile apaisante adaptée aux appareils auditifs. Il est important d’appliquer cette crème/huile uniquement sur la pièce qui va dans votre oreille (Embout, coque, coquille, dôme), et non pas directement sur la peau. Cette huile/crème a des propriétés apaisantes et est efficace contre les démangeaisons en améliorant le confort de contact entre la peau et le matériel inséré dans l’oreille.

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C’est au tournant du XXe siècle que commence la période des appareils auditifs électriques. Elle succède à la période acoustique des cornets ou autres collecteurs de son, et précède la période électronique des aides auditives[i]. Bien que l’amplification des sons (effectuée au niveau du microphone « à la grenaille de charbon », ou simplement « au carbone ») n’est guère meilleure que celle des cornets acoustiques, ces aides auditives électriques présentent l’avantage de permettre à celui qui écoute de suivre les mouvements des lèvres de son interlocuteur. En 1925, l’amplificateur (aussi au carbone) est séparé du microphone et l’aide auditive trouve déjà sa structure interne définitive en quatre parties: microphone d’entrée, amplificateur, écouteur de sortie, et pile. Ces modèles sont commercialisés dès les années 1930. Avec l’utilisation des tubes électroniques (aussi appelés « lampes à vide ») dans la fabrication des aides auditives dans les années 1920, il devient possible d’améliorer le potentiel d’amplification du système au carbone utilisé jusqu’alors. Mais ces nouvelles aides auditives électroniques ne sont que peu utilisées, car  plus grandes et encombrantes que leurs prédécesseurs. De plus l’écouteur et le cordon le reliant au boitier porté sur le torse sont visibles. C’est aussi dans les années 1930, que les premiers vibrateurs osseux mastoïdiens commencent à se développer[ii]. Néanmoins, et jusqu’à la fin de la Deuxième Guerre mondiale, ces aides auditives ne sont que peu portées et utilisées.

Dans les années 1950, les transistors commencent à être utilisés dans la fabrication des aides auditives et remplacent les autres systèmes d’amplification existants. Outre l’amplification, le transistor est capable de générer des signaux, de les moduler et les démoduler, voire de les commuter. Il ne nécessite plus qu’une seule batterie. La diminution progressive de la taille de ces transistors révolutionne la production des aides auditives, ce qui permet la production des premiers contours d’oreille en 1955 et des premiers appareils intraauriculaires en 1962. Le microphone est enfin placé à sa bonne place, la reconstitution de la stéréophonie devient ainsi possible. Les progrès sont alors fulgurants. Le poids d’une aide auditive passe de 550 grammes en 1941 à 5 grammes, le handicap auditif peut enfin être dissimulé. À la même époque apparaissent les premières lunettes auditives à conduction osseuse. Il est clair que « l’avenir de la prothèse conjugue, bien plus qu’elle n’oppose, les efforts des ingénieurs et des médecins. »[iii] Le concept d’un « routage controlatéral des signaux », ou système CROS (Controlateral Routing of Signals) est mis au point en 1965. Un nouveau pas est franchi dans le traitement de la surdité et il devient enfin possible d’aider les personnes présentant une surdité totale unilatérale. Ce système a un succès quasi immédiat. Néanmoins, « dans la pratique peu de cophotiques unilatéraux sont candidats à une correction prothétique, car, tant que la bonne oreille reste intacte, ou à peu près, ces patients n’éprouvent pas le besoin de palier leur déficience qualitative du couple auditif et se contentent de rester des « Borgnes de l’ouïe ». Aussi, les malades susceptibles de bénéficier de cette technique sont surtout ceux atteints de surdités bilatérales asymétriques et dont la mauvaise oreille s’est lentement dégradée dans le temps pour n’être plus appareillable et dont la meilleure oreille ne supporte pas ou ne peut bénéficier d’un appareillage classique. »[iv]

Dans les années 1970, une autre étape est franchie avec l’invention des circuits intégrés[v]. Ceux-ci font disparaître les transistors, résistances ou autres condensateurs. L’amplificateur devient ainsi un assemblage de différents circuits intégrés. Inventé en 1971 par Edward Hoff, le microprocesseur[vi] réalise la miniaturisation totale des fonctions logiques dans les machines électroniques et correspond à un circuit intégré universel programmable. Ces microprocesseurs sont utilisés dès la fin des années 1980 dans les prothèses acoustiques, permettant ainsi leur programmation et l’utilisation de plusieurs canaux différents d’amplification. En 1995 la technique multimicrophone « audiozoom », associant un microphone classique omnidirectionnel (captation des variations de pression sonore dans toutes les directions) à un microphone directionnel à programme numérique avec télécommande permettant de sélectionner le mode directionnel ou omnidirectionnel, ouvre une orientation nouvelle dans l’atténuation des bruits et l’optimalisation de la compréhension de la parole dans le bruit.

Dans les années 1990, le traitement analogique du signal auditif est abandonné au profit d’un traitement numérique[vii]. Dès 1979 et avec l’apparition du disque compact, la numérisation du son prend son essor. Les nuances très fines d’un signal analogique impliquent des distorsions à chaque niveau de son traitement. La numérisation va coder et simplifier ce signal afin qu’il reste intact à chaque étage. Cela permet de conserver le signal d’entrée quels que soient les traitements appliqués. Widex Senso fut, en 1996, la première aide auditive à traitement numérique du signal à être commercialisée à l’échelon mondial, même si des prothèses numériques avaient déjà été fabriquées en petite série[viii]. La numérisation offre de très nombreuses possibilités de traitement du signal (analyse spectrale et temporelle du signal, amplification sélective, atténuation fréquentielle, filtres localisés, traitement du bruit de fond, traitement de la dynamique, traitement de l’effet Larsen…), possibilités qui sont encore loin d’être complètement utilisées. En 1997 Siemens, présente la première prothèse numérique munie d’un microphone directionnel, et les nouveautés apparaissent sur le marché de plus en plus rapidement. La numérisation du signal ne va pas résoudre tous les problèmes rencontrés dans la prothèse auditive dans un délai court. Il faut malheureusement constater que les appareils auditifs n’ont pas toujours progressé au rythme de la microélectronique moderne. Heureusement, de nombreuses firmes sont axées sur la recherche et le développement de nouvelles technologies associées à l’amélioration des principaux problèmes touchant les aides auditives.

Dans les années 2000, la possibilité d’utiliser des embouts ouverts ouvre de nouvelles portes dans les possibilités d’adaptation des aides auditives, surtout dans les cas où une partie de l’audition est restée à la limite de la norme.

Même adapté de manière optimale, un appareil auditif ne redonnera pas une audition normale. Dans la surdité de perception, l’oreille produit des distorsions du signal d’entrée et, même si la prothèse auditive rend les sons audibles, ceux-ci ne donneront pas la «même impression d’audition que ce qu’ils avaient l’habitude d’entendre». Un jour, on verra peut-être une aide auditive «intelligente» qui fera intervenir l’écart naturel interauriculaire et qui analysera le contenu du message afin d’améliorer le rapport signal / bruit.

 

[i] Mudry A, Dodelé L. History of the technological development of air conduction hearing aids. J Laryngol Otol 2000;114:418-423.

[ii] Mudry A, Tjellström A. Historical background of bone conduction hearing devices and bone conduction hearing aids. Adv Otorhinolaryngol 2011;71:1-9.

[iii] Gosserez M. Histoire de la prothèse auditive. Hist Med 1954;4(1):3-29.

[iv] Appaix A, Decroix G, Olivier JC. La prothèse auditive. Paris: Arnette, 1974, p.171.

[v] Le premier circuit intégré a été l’oeuvre de Jean Hoerni de la firme Fairchild Semiconductors en 1958. Ce système relativement sommaire de connexion entre des éléments de base passifs et actifs (résistances et transistors) par des fils soudés sur une plaquette de germanium a été amélioré six mois plus tard par Robert Noyce qui déposa un « masque » d’oxyde de quelques microns d’épaisseur, grâce auquel les zones actives du circuit étaient gravées ou diffusées sur un substrat semi-conducteur, d’abord en germanium puis en silicium.

[vi] Le microprocesseur a pu voir le jour grâce à l’invention en 1970 des circuits intégrés à oxydes métalliques semi-conducteurs, circuits requérant moins d’énergie pour fonctionner et pouvant donc inclure plus d’éléments.

[vii] Pour ce faire on utilise le train d’impulsions provoqué par le signal sonore et on « l’échantillonne », c’est-à-dire qu’on le découpe en instants séparés par des intervalles de temps égaux. Puis chaque impulsion est codée numériquement de manière binaire (le pas de quantification correspond à la précision avec laquelle le convertisseur va effectuer son codage). L’information numérique ainsi obtenue est ensuite traitée en fonction du résultat désiré.

[viii] La toute première prothèse numérique fut proposée par la firme Nicolet en 1987. Il s’agissait d’un appareil de type boitier qui ne fut fabriqué qu’en série limitée, sans dépasser le stade expérimental. Une deuxième prothèse numérique auditive a été présentée par Danavox en 1992 pour certains types de surdité profonde. En fait, Ludwig Moser, de Würzburg, semble être le premier à avoir décrit un traitement du signal par numérisation dans une prothèse acoustique.

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Une assurance perte – égarement – détérioration – vol pour les aides-auditives est disponible sur demande, à de bonnes conditions, par l’intermédiaire de Bâloise assurance SA. Il s’agit d’une assurance objet spécifique, avec possibilité de couverture pour 1 an, 2 ans, 3 ans ou 5 ans.

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Renseignements et conditions sur demande.

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Dans le but de réduire le prix d’acquisition des appareils auditifs, sans sacrifier la qualité, la Clinique de l’oreille Olivier Gaches ne propose pas de forfait de suivi. Les prestations de service (Réglages, contrôles d’efficacité prothétique, entretiens) sont fournies au cas par cas, selon les demandes et les besoins de chacun. Cela permet d’être plus juste et de répartir les coûts de maintenances/réglages sur toute la durée de vie des appareils et non en une seule fois au moment de l’achat de l’équipement.

Prix des appareils

Large gamme de prix, pour tous les budgets, de 350.-fr à 3500.- fr par appareil :

Liste des prix de la gamme à piles

Liste des prix de la gamme rechargeable

 

 

Pour une demande de prix sur un modèle spécifique, nous vous renseignerons bien volontiers par téléphone au 021 323 83 27 ou par écrit sur: info@cliniquedeloreille.ch

Forfait adaptation

Forfait adaptation mono (1 appareil) : 450.-Fr

Forfait adaptation stéréo (2 appareils) : 590.- Fr

Sont inclus tous les rendez-vous sur la période d’adaptation et les réglages additionnels éventuels la première année.

Essais des appareils sur 1 mois sans obligation d’achat

En cas d’abandon, seules les pièces réalisées sur-mesure et le temps de travail (50% du forfait mono, 225.-Fr ou stéréo : 295.-Fr) sont facturés. Frais de coque intra en titane : 162.-Fr/coque, résine : 90.-Fr

Prix des consultations de suivi après la première année

Selon ses besoins, le patient peut faire une demande de réglages et prendre rendez-vous.

Tarif consultation de suivi : 45.- par ¼ d’heure

Réglage simple (environ ¼ d’heure) :

Un réglage simple comprend une ou plusieurs actions de réglage avec le logiciel de programmation (Il intervient en réponse à ce type de demande : plus fort, moins fort, moins métallique, moins de résonance, plus aigu, plus grave, augmenter la netteté, moins agressif, réduire les bruits etc.)

Réglage approfondi (entre 30 minutes et 1 heure) :

Un réglage approfondi comprend un bilan complet de l’audition, une évaluation technique de l’équipement mesuré à la chaîne de mesure et une éventuelle correction des réglages contrôlée par une mesure in situ.

Petite réparation atelier : 40.-Fr

Retouche d’un embout, d’une coque en atelier : 20.-Fr

Nettoyage : Gratuit*

*(A l’exception du changement éventuel de petites pièces (Filtres, protections microphones…)

Un nettoyage comprend : désinfection des boitiers externes, des pièces d’oreilles et écouteurs externes, aspiration, nettoyage au bac à ultra-son des parties détachables et lavables

Assurances appareils, perte/vol/dommages irréparables : Conditions sur demandes

Garantie des appareils

2 ans (Possibilité de prolongation de garantie. Demander les conditions spéciales selon les fabricants)

5 ans (modèles de gammes supérieurs du fabriquant GN Resound)

4 ans (modèles du fabriquant Starkey)

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On utilise souvent à tort le terme « prothèse auditive ». En effet, le mot « prothèse » présuppose que nous remplaçons l’organe déficient par un équipement électronique. Ce n’est pas le cas. L’appareillage auditif est placé en amont de l’oreille déficiente et le son corrigé par l’appareil, traverse celle-ci. Or la perte auditive (dans les cas des surdités de perception) est à la fois une diminution du volume sonore perçu, mais aussi des déformations sonores. Déformations auxquelles nous n’échappons pas avec les appareils auditifs, car le son corrigé de ceux-ci traverse ces structures déficientes. Le terme « aide auditive » est alors plus approprié.

Certaines publicités attractives suscitent des attentes irréalistes : lors du premier rendez-vous avec l’audioprothésiste, celui-ci s’attachera à rendre ces attentes réalistes, en établissant un pronostic, tenant compte de la complexité de chaque situation, à savoir le degré de la perte auditive, l’ancienneté de la perte et la présence ou non de déformations sonores.

Par ailleurs, les appareils auditifs sont réglés progressivement par l’audioprothésiste, afin d’éviter un écart initial trop important entre l’audition déficiente et l’audition corrigée. Les premiers réglages sont donc établis en dessous de l’efficacité optimale. L’audioprothésiste fera progresser les réglages des appareils par étapes successives ou lorsque l’utilisateur lui en fera la demande.

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Le sifflement de l’appareil auditif, autrement appelé « effet larsen » est très désagréable pour l’utilisateur et son entourage. Un effet larsen est perçu lorsque le son amplifié, ressort de l’oreille et est capté à nouveau par le micro des appareils. L’appareil amplifie à nouveau et en boucle ce même signal, jusqu’à produire un sifflement pénible.

 

Les technologies actuelles permettent de lutter très efficacement contre l’effet « larsen ». Bien que ces technologies soient en constant progrès, certaines configurations peuvent induire un sifflement :

  • Un bouchon de cire dans le conduit auditif peut provoquer un sifflement (effet larsen). Il convient alors de prendre rendez-vous afin de procéder au contrôle médical du conduit auditif externe.
  • Proximité avec un obstacle, tel que la main, le téléphone, une vitre ou un mur. Ces obstacles vont jouer le rôle d’écran et faciliter ainsi le « retour de son » vers le micro. Il convient alors de veiller à ne pas produire ces situations, ou, dans la mesure du possible, modifier certains gestes : ne pas couvrir l’appareil avec sa main, rechercher un autre angle de positionnement du téléphone à proximité de l’oreille, se tenir éloigné (quelques dizaines de centimètres) de tout obstacle.
  • Appareils à adaptation ouverte : cette technologie, apparue en 2004, offre un excellent confort à l’utilisateur, en supprimant l’effet d’occlusion dans le conduit auditif. En conséquence, le seuil d’apparition de l’effet larsen est abaissé. En effet, le son amplifié ressort massivement du conduit auditif et le risque de contamination sonore des microphones est plus élevé. L’électronique est aujourd’hui capable de supprimer cet effet larsen, mais avec certaines limites.
  • Perte de poids : à partir de  4 ou 5 kg de poids en moins, l’embout sur-mesure de l’appareil auditif n’est plus ajusté correctement. Une perte de poids provoquera un effet larsen pour les appareillages les plus puissants. Une perte de poids n’a généralement pas d’incidence pour les appareils de puissance faible à moyenne.
  • Si les sifflements surviennent après un réglage chez l’audioprothésiste, il est probable que la nouvelle amplification dépasse les capacités du système antilarsen. Il faut alors prendre rendez-vous afin qu’une solution soit trouvée pour corriger cet effet. Une prise d’empreinte avec réalisation d’une pièce d’oreille sur mesure (embout ou coquille) corrigera ce problème.
  • Si le sifflement apparaît soudainement, sans qu’il y ait eu de modification du réglage, il se peut que la cause soit une obstruction dans le conduit auditif (Bouchon de cérumen par exemple). Il faudra alors faire examiner son conduit auditif et le cas échéant, éliminer la cause de l’obstruction. Un sifflement soudain peut aussi avoir des raisons techniques, comme un sifflement dans l’appareil lui-même, on parle alors de « larsen interne ». Dans tous les cas, l’apparition soudaine et inexpliquée de sifflements, nécessite une consultation.
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Etude du Pr Hélène Amieva sur la surdité, les aides auditives, et le déclin cognitif (c’est-à-dire l’ensemble des activités cérébrales, telles que mémoire, langage, perception, raisonnement, décision, mouvement, attention) chez le sujet âgé.

En octobre 2015, Hélène Amieva de l’université de Bordeaux, publie un article dont l’objectif est d’étudier l’association entre la surdité, l’utilisation d’un appareillage auditif et le déclin cognitif chez la personne âgée. L’étude a commencé en 1989-90 sur un groupe de près de 3700 individus âgés de 65 ans et plus, la déficience auditive étant auto-évaluée par les sujets eux-mêmes, sur la base d’un questionnaire.

Les déficits auditifs non pris en charge augmentent les risques de démence, de dépression et de dépendance. Ce sur-risque disparaît chez les sujets appareillés

Les résultats de cette étude ont montré que les sujets âgés atteints de surdités et non-équipés d’appareils auditifs étaient significativement associés à un déclin cognitif plus important que le groupe témoin atteint également de surdité, mais équipé d’appareils auditifs. L’étude conclue donc que la surdité est clairement associée à un déclin cognitif accéléré chez le sujet âgé, mais que l’utilisation d’appareils auditifs atténue ce déclin.

Surdité associée à des symptômes de dépression et d’isolement social

La surdité est à la troisième place des problèmes de santé chroniques affectant le sujet âgé. Environ 30% des sujets âgés de 65 ans et plus sont concernés par la surdité, avec une estimation s’élevant de 70 à 90% pour les personnes âgées de 85 ans et plus. Ces personnes présentent des symptômes dépressifs et vivent un isolement social. Alors que la prévalence de la déficience auditive augmente avec l’âge, celle-ci est peu diagnostiquée et donc peu traitée : pratiquement les 2/3 des personnes âgées souffrant de surdité ne sont pas appareillées. Deux études ont mis en évidence que l’utilisation d’appareils auditifs pouvait freiner légèrement le déclin cognitif, mais les résultats n’étaient pas statistiquement significatifs, soit en raison de période de suivi trop courte (6 ans), soit pour une population testée trop restreinte. En revanche, l’étude d’H. Amieva a pu parvenir à ses résultats significatifs par un suivi sur 25 ans d’une population âgée de près de 3’700 personnes.

Références :

Self-Reported Hearing Loss, Hearing Aids, and Cognitive Decline in Elderly Adults : A 25-Year Study. Hélène AMieva, PhD, Camille Ouvrard, MSc, Caroline Giulioli, Msc, Cline Meillon, MSc, Laetitia Rullier, PhD, and Jean-François Dartigues, MD, PhD.

Hearing loss and cognitive decline in older adults. Lin FR, Yaffe K, Xia J et al. JAMA Intern Med 2013;173:293-299

Hearing loss in older adults: Who’s listening ? Lin FR. JAMA 2012;307:1147-1148.

Aging and Hearing Health: The Life course approach. Davis A, McMahon CM, Pichora-Fller KM, Russ S, Lin F, Olusnya BO, Chadha S, Tremblay KL. Gerontologist. 2016 Apr;56 Suppl 2:S256-67

Negative consequences of uncorrected hearing loss. A review. Arlinger S. Int J Audiol. 2003 Jul ;42 Suppl 2 :S17-20.

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Pourquoi le suivi des appareils auditifs est-il nécessaire ?

Un appareil auditif subit des contraintes importantes lors de son utilisation au quotidien :

  • Humidité : au contact de la peau, transpiration, au contact de l’air ambiant, vapeur d’eau dans une cuisine, salle de bain, changements de température provoquant de la condensation, pluie, neige…
  • Cire d’oreille (cérumen) : la production de cérumen est variable d’une personne à l’autre. Une forte production de cérumen est problématique pour un appareil auditif. Cela nécessite un nettoyage quotidien et un remplacement régulier des filtres par-cérumen. (Voir rubrique « Maintenance de vos appareils auditifs »)
  • Poussières, dépôts : les entrées des microphones sont exposées à la poussière et autres corps étrangers. Il importe alors de dégager régulièrement les entrées des microphones par une aspiration ou par le nettoyage et/ou le remplacement des filtres.

L’audition ou les besoins du porteur d’appareil auditif peuvent évoluer :

Il convient de faire contrôler ses oreilles ou son audition dès qu’une baisse d’acuité auditive est perçue. Prendre rendez-vous avec votre médecin ORL.

Planification des contrôles suite à un appareillage à la Clinique de l’oreille :

Contrôle et test de l’audition avec l’ORL : 6 mois après l’adaptation des appareils auditifs. Un rendez-vous peut être pris simultanément avec l’audioprothésiste pour le nettoyage de l’équipement auditif et un éventuel réglage

Nettoyage des appareils : Tous les 4 mois (Il est souhaitable de s’annoncer préalablement par téléphone)

Réglages : Dès l’instant où l’appareillage auditif ne donne plus satisfaction, il est souhaitable de prendre un rendez-vous de contrôle. Une analyse technique des appareils sera faite et une éventuelle correction de réglage effectuée.

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Professionnel de la santé, l’audioprothésiste est en charge du conseil, du choix, de l’adaptation, de la maintenance, du contrôle d’efficacité immédiat et permanent des appareils auditifs (cela comprend l’accompagnement et le soutien du patient malentendant dans tout le processus d’adaptation de ses appareils auditifs). De formation essentiellement scientifique, il dispose de compétences en audiologie, en anatomie et physiologie de l’oreille, en acoustique, en électronique, en informatique, en phonétique. Il présente en outre un bon sens de la psychologie et a un intérêt marqué pour l’aide à la personne.

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Un appareillage se déroule généralement sur une durée de 1 mois, comprenant plusieurs consultations :

Suite à la consultation médicale préalable chez l’ORL, l’audioprothésiste procède à une analyse des besoins et objectifs personnels. En effet, la prise en compte des besoins spécifiques de chaque personne, la connaissance des environnements acoustiques dans lesquels il vit, sont nécessaires pour déterminer les besoins et s’orienter vers la solution de correction auditive optimale. Il procède à quelques tests complémentaires pour bien cibler la perte auditive. Une prise d’empreinte est pratiquée selon les cas. Un appareillage est choisi : selon ses caractéristiques techniques, sa forme, sa couleur, son prix.

Lors d’un deuxième rendez-vous, l’appareillage est adapté et réglé selon le profil de l’utilisateur. Des mesures d’efficacité immédiate sont pratiquées. Une petite formation est dispensée pour l’utilisation, la mise en place et l’entretien de l’équipement.

L’appareillage est prêté pour à l’essai pour une durée de 1 mois.

Durant la période d’essai, quelques rendez-vous sont nécessaires afin de procéder aux ajustements des réglages. Des tests sont aussi réalisés pour vérifier la bonne tolérance de l’équipement ainsi que sa bonne efficacité.

 

 

 

 

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Checklist si mon appareil ne fonctionne plus :

  1. Contrôler l’état de la pile ou la remplacer
  2. Contrôler la pièce qui rentre dans l’oreille (Dôme, coquille ou embout) et vérifier qu’elle n’est pas bouchée
  3. Nettoyage de la pièce d’oreille :
    1. Pour les appareils à écouteurs externes : Remplacer le filtre par-cérumen à l’extrémité de l’écouteur (Voir vidéo « Entretien de mon appareil »)
    2. Pour les appareils à embouts classiques : démonter l’embout et le nettoyer (Pastilles effervescentes, bac à ultrasons et séchages du tuyau avec une poire soufflante)
    3. Pour les appareils à tube fin : dévisser le tube fin et passer un fil de nettoyage (Otofloss) dans le tube
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C’est au tournant du XXe siècle que commence la période des appareils auditifs électriques. Elle succède à la période acoustique des cornets ou autres collecteurs de son, et précède la période électronique des aides auditives[i]. Bien que l’amplification des sons (effectuée au niveau du microphone « à la grenaille de charbon », ou simplement « au carbone ») n’est guère meilleure que celle des cornets acoustiques, ces aides auditives électriques présentent l’avantage de permettre à celui qui écoute de suivre les mouvements des lèvres de son interlocuteur. En 1925, l’amplificateur (aussi au carbone) est séparé du microphone et l’aide auditive trouve déjà sa structure interne définitive en quatre parties: microphone d’entrée, amplificateur, écouteur de sortie, et pile. Ces modèles sont commercialisés dès les années 1930. Avec l’utilisation des tubes électroniques (aussi appelés « lampes à vide ») dans la fabrication des aides auditives dans les années 1920, il devient possible d’améliorer le potentiel d’amplification du système au carbone utilisé jusqu’alors. Mais ces nouvelles aides auditives électroniques ne sont que peu utilisées, car  plus grandes et encombrantes que leurs prédécesseurs. De plus l’écouteur et le cordon le reliant au boitier porté sur le torse sont visibles. C’est aussi dans les années 1930, que les premiers vibrateurs osseux mastoïdiens commencent à se développer[ii]. Néanmoins, et jusqu’à la fin de la Deuxième Guerre mondiale, ces aides auditives ne sont que peu portées et utilisées.

Dans les années 1950, les transistors commencent à être utilisés dans la fabrication des aides auditives et remplacent les autres systèmes d’amplification existants. Outre l’amplification, le transistor est capable de générer des signaux, de les moduler et les démoduler, voire de les commuter. Il ne nécessite plus qu’une seule batterie. La diminution progressive de la taille de ces transistors révolutionne la production des aides auditives, ce qui permet la production des premiers contours d’oreille en 1955 et des premiers appareils intraauriculaires en 1962. Le microphone est enfin placé à sa bonne place, la reconstitution de la stéréophonie devient ainsi possible. Les progrès sont alors fulgurants. Le poids d’une aide auditive passe de 550 grammes en 1941 à 5 grammes, le handicap auditif peut enfin être dissimulé. À la même époque apparaissent les premières lunettes auditives à conduction osseuse. Il est clair que « l’avenir de la prothèse conjugue, bien plus qu’elle n’oppose, les efforts des ingénieurs et des médecins. »[iii] Le concept d’un « routage controlatéral des signaux », ou système CROS (Controlateral Routing of Signals) est mis au point en 1965. Un nouveau pas est franchi dans le traitement de la surdité et il devient enfin possible d’aider les personnes présentant une surdité totale unilatérale. Ce système a un succès quasi immédiat. Néanmoins, « dans la pratique peu de cophotiques unilatéraux sont candidats à une correction prothétique, car, tant que la bonne oreille reste intacte, ou à peu près, ces patients n’éprouvent pas le besoin de palier leur déficience qualitative du couple auditif et se contentent de rester des « Borgnes de l’ouïe ». Aussi, les malades susceptibles de bénéficier de cette technique sont surtout ceux atteints de surdités bilatérales asymétriques et dont la mauvaise oreille s’est lentement dégradée dans le temps pour n’être plus appareillable et dont la meilleure oreille ne supporte pas ou ne peut bénéficier d’un appareillage classique. »[iv]

Dans les années 1970, une autre étape est franchie avec l’invention des circuits intégrés[v]. Ceux-ci font disparaître les transistors, résistances ou autres condensateurs. L’amplificateur devient ainsi un assemblage de différents circuits intégrés. Inventé en 1971 par Edward Hoff, le microprocesseur[vi] réalise la miniaturisation totale des fonctions logiques dans les machines électroniques et correspond à un circuit intégré universel programmable. Ces microprocesseurs sont utilisés dès la fin des années 1980 dans les prothèses acoustiques, permettant ainsi leur programmation et l’utilisation de plusieurs canaux différents d’amplification. En 1995 la technique multimicrophone « audiozoom », associant un microphone classique omnidirectionnel (captation des variations de pression sonore dans toutes les directions) à un microphone directionnel à programme numérique avec télécommande permettant de sélectionner le mode directionnel ou omnidirectionnel, ouvre une orientation nouvelle dans l’atténuation des bruits et l’optimalisation de la compréhension de la parole dans le bruit.

Dans les années 1990, le traitement analogique du signal auditif est abandonné au profit d’un traitement numérique[vii]. Dès 1979 et avec l’apparition du disque compact, la numérisation du son prend son essor. Les nuances très fines d’un signal analogique impliquent des distorsions à chaque niveau de son traitement. La numérisation va coder et simplifier ce signal afin qu’il reste intact à chaque étage. Cela permet de conserver le signal d’entrée quels que soient les traitements appliqués. Widex Senso fut, en 1996, la première aide auditive à traitement numérique du signal à être commercialisée à l’échelon mondial, même si des prothèses numériques avaient déjà été fabriquées en petite série[viii]. La numérisation offre de très nombreuses possibilités de traitement du signal (analyse spectrale et temporelle du signal, amplification sélective, atténuation fréquentielle, filtres localisés, traitement du bruit de fond, traitement de la dynamique, traitement de l’effet Larsen…), possibilités qui sont encore loin d’être complètement utilisées. En 1997 Siemens, présente la première prothèse numérique munie d’un microphone directionnel, et les nouveautés apparaissent sur le marché de plus en plus rapidement. La numérisation du signal ne va pas résoudre tous les problèmes rencontrés dans la prothèse auditive dans un délai court. Il faut malheureusement constater que les appareils auditifs n’ont pas toujours progressé au rythme de la microélectronique moderne. Heureusement, de nombreuses firmes sont axées sur la recherche et le développement de nouvelles technologies associées à l’amélioration des principaux problèmes touchant les aides auditives.

Dans les années 2000, la possibilité d’utiliser des embouts ouverts ouvre de nouvelles portes dans les possibilités d’adaptation des aides auditives, surtout dans les cas où une partie de l’audition est restée à la limite de la norme.

Même adapté de manière optimale, un appareil auditif ne redonnera pas une audition normale. Dans la surdité de perception, l’oreille produit des distorsions du signal d’entrée et, même si la prothèse auditive rend les sons audibles, ceux-ci ne donneront pas la «même impression d’audition que ce qu’ils avaient l’habitude d’entendre». Un jour, on verra peut-être une aide auditive «intelligente» qui fera intervenir l’écart naturel interauriculaire et qui analysera le contenu du message afin d’améliorer le rapport signal / bruit.

 

[i] Mudry A, Dodelé L. History of the technological development of air conduction hearing aids. J Laryngol Otol 2000;114:418-423.

[ii] Mudry A, Tjellström A. Historical background of bone conduction hearing devices and bone conduction hearing aids. Adv Otorhinolaryngol 2011;71:1-9.

[iii] Gosserez M. Histoire de la prothèse auditive. Hist Med 1954;4(1):3-29.

[iv] Appaix A, Decroix G, Olivier JC. La prothèse auditive. Paris: Arnette, 1974, p.171.

[v] Le premier circuit intégré a été l’oeuvre de Jean Hoerni de la firme Fairchild Semiconductors en 1958. Ce système relativement sommaire de connexion entre des éléments de base passifs et actifs (résistances et transistors) par des fils soudés sur une plaquette de germanium a été amélioré six mois plus tard par Robert Noyce qui déposa un « masque » d’oxyde de quelques microns d’épaisseur, grâce auquel les zones actives du circuit étaient gravées ou diffusées sur un substrat semi-conducteur, d’abord en germanium puis en silicium.

[vi] Le microprocesseur a pu voir le jour grâce à l’invention en 1970 des circuits intégrés à oxydes métalliques semi-conducteurs, circuits requérant moins d’énergie pour fonctionner et pouvant donc inclure plus d’éléments.

[vii] Pour ce faire on utilise le train d’impulsions provoqué par le signal sonore et on « l’échantillonne », c’est-à-dire qu’on le découpe en instants séparés par des intervalles de temps égaux. Puis chaque impulsion est codée numériquement de manière binaire (le pas de quantification correspond à la précision avec laquelle le convertisseur va effectuer son codage). L’information numérique ainsi obtenue est ensuite traitée en fonction du résultat désiré.

[viii] La toute première prothèse numérique fut proposée par la firme Nicolet en 1987. Il s’agissait d’un appareil de type boitier qui ne fut fabriqué qu’en série limitée, sans dépasser le stade expérimental. Une deuxième prothèse numérique auditive a été présentée par Danavox en 1992 pour certains types de surdité profonde. En fait, Ludwig Moser, de Würzburg, semble être le premier à avoir décrit un traitement du signal par numérisation dans une prothèse acoustique.

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Une assurance pour votre équipement contre la perte, le vol, la détérioration pour une durée de 1 an, 2 ans, 3 ans, ou 5 ans. (Conditions fournies sur demande). Prolongations de garantie également disponibles sur demande.

Maintenance régulière de votre équipement, à réaliser vous-même :

  • Le soir:
    • Essuyer les appareils avec un chiffon sec et doux ou un mouchoir en papier
    • Stocker vos appareils dans le gobelet hermétique avec la capsule déshydratante (Retirer la pile) ou la station de séchage électrique (Retirer la pile), ou placer vos appareils dans le chargeur (Selon votre modèle)
  • Le matin:
    • Remettre les piles, ou sortir les appareils du chargeur
    • Brosser à sec le dôme ou la sortie écouteur de vos appareils, afin de retirer les dépôts de cérumen
  • 1 ou 2 fois par semaine (Selon les besoins) :
    • Nettoyage à l’aide du spray ou des lingettes nettoyantes
    • Démontage du dôme et contrôle du filtre par-cérumen (voir vidéo mode d’emploi sur ce site)

Afin de profiter toujours pleinement des qualités de votre équipement, des visites de contrôle régulières sont nécessaires :

Visites de contrôles à la clinique de l’oreille :

  • Tous les 3 ou 4 mois : nettoyage approfondi auprès de nos collègues de l’accueil, Élisabeth, Dominique ou Lætitia, présentes du lundi au jeudi (8h à 12h – 14h à 18h) et vendredi (8h à 12h). Veuillez téléphoner avant de venir, afin de vous assurer de leur présence. Les nettoyages sont gratuits, exceptées les éventuelles pièces d’usures qui seraient échangées (Dômes, filtres, Slimtubes, protections micro, coudes…)
  • 1 fois par année : visite de contrôle annuel sur rendez-vous avec l’audioprothésiste, Olivier Gaches : Cette visite permet de contrôler l’évolution de votre audition et assure le contrôle d’efficacité de votre équipement. Tarif horaire : 45.-Fr par ¼ d’heure. Une visite annuelle dure en moyenne ½ heure.
  • En cas de doute, ou si un changement dans votre audition est perçu: veuillez prendre rendez-vous sans tarder !
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